Femmes mixité Lutte contre les discriminations

 BOBIGNY, DEUX JOURS SOUS LE SIGNE DU FÉMINISME SYNDICAL

 

Pendant deux jours, l’auditorium Clara Zetkin de la Bourse du Travail de Bobigny a été le théâtre d’une mobilisation féministe et syndicale de premier plan. Baptisé le 8 mars 2022 en hommage à celle qui est à l’origine de la Journée internationale des droits des femmes, cet espace de 600 places a rassemblé plusieurs centaines de militantes et militants syndicaux pour les Journées Intersyndicales Femmes, rendez-vous annuel que la CGT, la FSU et Solidaires organisent ensemble depuis près de trente ans, preuve d’une unité syndicale qui s’inscrit dans la durée.

L’ensemble du bâtiment s’est mis au diapason : stands de livres et publications féministes, moments de convivialité, et un « Apéro féministe » entonné collectivement ont fait du hall un espace de convergence et d’échanges militants. Les débats, eux, se sont articulés autour de quatre tables rondes abordant les combats qui nous concernent toutes et tous.

Austérité : nos droits sous attaque

L’austérité n’est pas une politique neutre — c’est une politique de classe, et les femmes en paient le prix fort. Les intervenantes l’ont rappelé avec force : les coupes dans les services publics frappent les femmes doublement, en tant que travailleuses et en tant qu’usagères. Sous-indexation des prestations sociales, étranglement financier des associations qui accompagnent les femmes en difficulté — le tableau est celui d’un recul social organisé. La situation est « très alarmante » : il est temps de se mobiliser.

L’histoire appartient aussi aux femmes

Les historiennes Ludivine Bantigny, Julie Verlaine et Sylvia Serbin ont ouvert un débat essentiel : celui de la place des femmes dans l’histoire que l’on transmet. Le projet du premier Musée des Féminismes à Angers est une avancée, mais le chemin reste long. L’invisibilisation des femmes noires, africaines ou issues de la diaspora dans les récits historiques constitue une injustice supplémentaire que le mouvement syndical et féministe doit continuer à combattre.

Femmes migrantes : une lutte qui est la nôtre

Les femmes migrantes sont parmi les plus exposées à l’exploitation et à l’invisibilité. Reléguées dans des emplois domestiques non reconnus, isolées, parfois sans papiers, elles font face à des épreuves que le mouvement syndical ne peut ignorer. Les témoignages des militantes de l’association « Les lesbiennes dépassent les frontières » et de la directrice de Cap international ont rappelé que leur combat est le nôtre : défense des droits, solidarité sans frontières, et syndicalisation de toutes les travailleuses.

Face au masculinisme, l’unité syndicale comme réponse

L’extrême droite mène une offensive organisée contre les droits des femmes, et le mouvement syndical doit la nommer clairement. Pauline Ferrari, Violaine de Filippis Abate et Murielle Salle ont décrypté ses méthodes : propagande pseudo-scientifique, réseaux masculinistes, associations de façade, guerre culturelle. Son argument central — l’égalité serait acquise parce qu’inscrite dans la loi — est un mensonge que les chiffres sur les violences et les inégalités réfutent chaque jour.

Face à ces attaques, la réplique ne peut venir que de l’unité et du rassemblement des forces sociales !